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PORTRAITPhoto : Photo D.R
RENCONTRE

Nicolas Bachoffer

Se relever autant de fois qu'on tombe

Toute l’actualité des courses au Pays basque
Nicolas Bachoffer 40 ans de carrière de sportif handisport et dans le monde associatif comme dirigeant : double champion du monde de para-triathlon en 1998 et en 1999; vainqueur du Marathon du Médoc en 1996. Après une poliomyélite contractée au Sénégal durant son enfance, de retour au Pays basque, à Saint-Jean-Pied-de-Port, il a choisi de transformer son handicap en un moteur. C'est lui qui a fondé l'association Handisport Pays basque dont il est président.

En un coup d’œil

Âge62 ansLieuAngletDisciplineCourses handisport basket fauteuilClubHandisport Pays BasqueProfessionAgent administratif à la mairie d'Anglet

À la rencontre des femmes et des hommes qui font le sport au Pays basque

Comment êtes-vous venu à pratiquer cette discipline ?

j'ai toujours été sportif, même quand j'étais tout gosse, même malgré mon handicap. Mon père était sportif il était maître-nageur, il m'a toujours poussé à faire une activité. il m'a toujours poussé à ne pas rester devant la télé. Et quand on habitait à Saint Jean Pied de Port, on n'avait pas trop le choix pour se faire des amis. il fallait bien bouger, pratiquer. On a fait un peu de pelote, un peu de rugby comme on pouvait, avec la patte folle et surtout la natation .

Quel est votre meilleur souvenir sportif ?

Côté sport collectif , les titres de champion de France de Basket fauteuil avec mon club handisport pays basque . Individuellement, j'aurai le choix. Mais aujourd'hui, avec du recul, je garderai en mémoire la victoire du marathon du Médoc en 1996 parce que c'était le marathon. C'est quelque chose qui est très populaire. Il y a beaucoup de monde. . Ça dépasse le cadre de la performance. C'était un super moment .

Quel est votre plus mauvais souvenir, celui qui vous a fait le plus souffrir ?

Je garderai en tête l'abandon au marathon du Médoc en1997 où sorti de l'eau, j'ai abandonné. J'ai fini à l'infirmerie et c'était un très mauvais souvenir pour moi parce que je n'avais pas l'habitude d'abandonner.

La pratique de votre discipline vous plaît. Pourquoi ?

J'ai beaucoup fait de sports collectifs, justement parce qu'il me fallait l'esprit de la troisième mi temps, l'esprit de groupe, la solidarité, l'amour du maillot. C'est cette pluralité de disciplines, c'est ça qui a enrichi vraiment mon existence. Probablement que si j'avais choisi une seule discipline, j'aurais fait peut être une autre carrière, peut être plus, plus importante. Mais au moins, j'ai profité de tout, j'ai vu plein de choses .Je suis devenu quelque part peut être plus intelligent parce que j'ai fait beaucoup de choses.

Quel regard portez-vous sur l’évolution de votre sport ?

Je suis très critique. Déjà, en termes de handisport, on a récupéré le bon et le mauvais des valides. On a eu plus de visibilité, même s'il y a encore beaucoup à faire, mais on a aussi beaucoup récupéré tout ce qui est dopage, argent, corruption. Et puis sur le sport en lui même, je suis très critique parce que j'ai l'impression que le sport amateur notamment n'est pas aidé. On n'a pas cette culture du sport en France. On n'incite pas les jeunes à faire d'activité physique. Alors bien sûr, il y a plein choses. la fête du sport en septembre, plein de manifestations comme ça, mais il n'y a pas un travail de fond réel. Aujourd'hui, on se rend compte que nos jeunes, ils sont devant leur téléphone, devant leur télé. L 'Éducation nationale fait ce qu'elle peut, mais non, ça ne marche pas. Je suis très critique par rapport à ça et on va le payer, on va le payer.

Quelles sont vos autres passions ?

C'est difficile d'avoir des passions. Le sport occupe pas mal de temps. Mais j'ai la chance d'être un garçon très ouvert, j'ai rencontré tellement de gens qui m'ont apporté tellement de choses que ma foi, j'ai toujours été curieux. Alors je suis un fan de mythologie, notamment de mythologie basque. Tout ce qui est musée, pyramides, tout ce qui est histoire, c'est quelque chose qui me passionne énormément

Pour terminer, racontez-nous une anecdote de votre vie sportive.

C'était dans les années quatre vingt dix, je participais aux championnats de France de natation. Ce n'était pas une bonne année je n'avais pas été bon. . Je finis neuvième en nage libre et il fallait rentrer dans les huit premiers pour aller en finale. Donc voilà, j'avais fait une croix dessus. c'était le samedi, c'était à Lille. Je me rappelle le samedi soir, j'avais plus rien à jouer le lendemain. Dans ma tête en tout cas. Donc on est allé faire quelques quelques tournées dans les brasseries lilloises. Et le lendemain, j'ai appris au dernier moment, j'étais dans les gradins que le huitième avait déclaré forfait et que je devais me rendre dans les cinq secondes sur le plot de départ. j'étais dans les gradins, je me suis déshabillé en descendant les gradins , j 'étais en slip , j'ai couru comme ça.

Quel message souhaitez-vous adresser aux jeunes qui veulent suivre votre parcours ?

Surtout de prendre du plaisir. Et surtout de ne pas se décourager. Continuer une activité, même s'il y a des jours, c'est plus dur. Même s'il y a des jours, c'est plus compliqué , si ça coince un peu, au lieu d'aller nager, on va courir, on va bouger, on ne reste pas inactif. Être sportif, que ce soit sportif de haut niveau ou pas, c'est simplement avoir toujours en tête l'envie de bouger. Bouger , Vivre. Bouger, c'est aussi rencontrer les gens.

Principales victoires

  • Champion du monde de para Triathlon en 1998 et 1999 à Cleveland et à Montréal.
  • Le marathon du Médoc en 1996.
  • En sport Collectif : les titres avec l'équipe de Basket fauteuil le titre de champion de France en 2018 et celui de cette année 2026.
✍️ Rédaction : Christian Bibal