Paul Maye
Le titi bayonnais vainqueur en 1945 du Paris Roubaix
Maye, un nom synonyme de rapidité, de vitesse… Notre champion bayonnais a souvent démontré ces qualités aux arrivées des courses entre 1935 et 1945. Quel sprinter ce Paul Maye! Sa vélocité lui a valu deux titres de champion de France chez les professionnels, un succès dans Paris-Roubaix et une triple couronne au palmarès de Paris-Tours, la classique par excellence des routiers sprinters. Et il fallait voir notre Basque bondissant lancer les sprints : il se tortillait dans tous les sens, écartait les coudes, penchait la tête sur le côté, ouvrait la bouche, grimaçait… une allure pas forcément académique, mais tout en énergie. Paul Maye, petit, râblé, ressemblait à une boule de nerfs dotée d’une volonté, d’une rage de vaincre peu communes. Témoin cette arrivée du Paris- Roubaix 1945 où il débouche en 2e position sur le vélodrome, derrière Muller. Dans le dernier tour de piste, le puissant Teisseire s’échappe. Il prend 30 mètres. Paul Maye lance alors le sprint et, au prix d’un finish éblouissant, coiffe tout le monde sur le poteau d’arrivée !
Paul Maye s’est avéré le meilleur sprinter de son époque, malgré la concurrence de champions réputés véloces comme Guy Lapébie, René Le Grévès ou Emile Idée. Un de ses sprints les plus retentissants le voit battre le fameux Belge Kaerts, l’idole d’outre-Quiévrain. K Nous ne connaissions pas ce jeune Paul Maye, mais il se pose comme le routier le plus rapide du monde », pouvait-on lire dans la presse belge de 1936. L’année des révélations pour notre sprinter bayonnais, qui participe à son premier Tour dans la grande équipe de France, aux côtés d’Antonin Magne, Speicher, Archambaud et Le Grévès. Il remporte l’étape Digne-Nice devant le Suisse Heimann et le Belge Hendrickx. Il récidive, toujours au sprint, et remporte un deuxième succès dans l’étape Cholet-Angers.
Deux ans plus tard, toujours sous le maillot tricolore, dans les premiers kilomètres de course du Tour 1938, Paul Maye est renversé par une moto… Transporté dans une clinique avec une fracture à l’épaule, il y rencontre une patiente qui va devenir madame Maye.
Paul Maye effectue huit Tours de France: quatre à vélo (1936, 1938, 1947 et 1948) et quatre en qualité de directeur sportif de l’équipe du Sud-Ouest (de 1953 à 1956).
Avec sa gouaille, sa verve gasconne qui le faisait souvent passer pour un titi parisien, il racontait volontiers des anecdotes, dont cette victoire d’étape du Tour à Nice, sur la baie des Anges : K Il faisait très chaud et Antonin Magne, mon leader, avait insisté pour que je chasse quelques canettes. J’étais donc parti devant, et deux coureurs m’avaient suivi. Je ne savais pas qu’ils allaient rouler pour de bon, si bien que l’on est allé jusqu’au bout. J’ai gagné au sprint et j’ai dû attendre l’arrivée d’Antonin Magne pour lui livrer la fameuse canette. Heureusement que j’avais gagné la victoire d’étape, sinon je pouvais me rhabiller. »
Avec quatre titres de champion de France (1934 chez les amateurs, 1935 chez les militaires, 1938 et 1943 chez les pros), trois Paris-Tours et un Paris-Roubaix à son actif, plus deux succès d’étape sur le Tour de France, ce Bayonnais fort en jambe et en gueule a véritablement marqué son époque.
